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LES REACTIONS COURANTES Devant ces atteintes qui remettent notre monde en cause, nous pouvons réagir de diverses façons. Nous n'échappons pas au fait qu'il y a un deuil plus ou moins important à faire et que ce processus va faire appel à différentes sub personnalités qui nous habitent et auxquelles nous faisons couramment appel. L'hébété Nous pouvons rester un temps plus ou moins long hébété, sous le choc, sans arriver à réaliser ce qui nous arrive : être sans voix, nous évanouir, sombrer dans le sommeil. Le choc est si fort que nous ne sentons pas la douleur. A ce moment la présence de gens aimants, qui reformulent ce qui nous est arrivé, nous font parler... est importante. Le rigide Nous pouvons nier la réalité, faire comme si de rien n'était et bourré d'amertume, nous rigidifier, nous statufier, en nous accrochant désespérément à ce qui ne marche plus (par "principe", par "orgueil", par "besoin de sécurité", par "manque de créativité", par "obsession..." Nous pouvons chercher à tout contrôler, au besoin en gardant le "secret" (par exemple la personne licenciée qui continue à partir le matin comme si elle allait travailler...) Nous mettre à l'abri d'une cuirasse peut être utile, juste le temps d'assimiler et d'intérioriser la leçon de protection de la carapace. Il faut finir, le plus vite possible par en sortir, pour affronter la vie à main nue, avec authenticité. Cela nous oblige à revoir toutes nos valeurs au sujet de la permanence et l'impermanence qui seule est permanente. D'où la nécessité de s'ouvrir à un accueil souple de la vie dans le chagrin. Le fuyard Nous pouvons aussi fuir, par exemple partir à l'étranger en abandonnant nos enfants au conjoint dont nous venons de divorcer... S'il s'agit de prendre du recul pour avoir une vue plus claire et pacifiée, c'est une stratégie positive, mais si c'est pour se mettre la tête dans le sable, ça risque fort d'aggraver la situation. Le révolté Nous pouvons nous mettre en colère, chercher à intimider, vouloir tout casser... La colère permet de mobiliser de l'énergie pour nous battre, de nous donner les moyens d'agir, à condition de ne pas nous laisser aveugler par des accumulations de rancoeurs qui n'ont rien à voir avec le problème actuel. Le risque est de se satisfaire de la rébellion et de prendre son pied à râler, plutôt que de chercher vraiment à faire oeuvre de révolution pour changer sa vie. L'enfant malheureux Nous pouvons : - nous replier sur nous-mêmes, nous enfermer dans notre chambre, redevenir l'enfant sans défense, angoissé, qui reste tapi au fond de nous. - déprimer, nous déprécier, vivre l'impuissance, chercher à faire pitié, pour obtenir un changement "magique" est une phase normale. Nous pouvons être tentés de renoncer au monde soit parce que : - nous pensons vivre une expérience unique et que notre nature "narcissique" s'y complaît. - parce que devenu hypersensible et vulnérable, toute relation à l'autre devient potentiellement dangereuse et destructrice, car les protections sont tombées et que nous sommes dans l'état de "grands brûlés" psychiques. Consoler et aimer l'enfant blessé en nous est la priorité. Chacun doit sentir ce qui est juste pour lui (ou elle). Dans la mesure où cela est possible, conserver une activité, même minimum, semble permettre de conserver un pied dans la réalité tangible et nous prépare à l'aborder au mieux... un peu plus tard. Le danger de cette phase est le risque de s'y enliser, de rester obsessionnellement fixé au passé, de se complaire, car il y a des bénéfices à en tirer, à ressasser les regrets, les lamentations : ce qui en aucun cas ne nous aide, à longue échéance, à sortir de l'épreuve. L'adulte raisonnable Nous pouvons nous montrer "raisonnables", nous dire qu'il n'y a pas que du mauvais dans cette situation : c'est sans doute faire preuve de sagesse, à condition de ne pas en profiter pour nier l'ampleur du problème. Faire la liste des nouvelles possibilités qui s'ouvrent devant nous est souvent réconfortant. Que pouvons-nous faire maintenant, que nous ne pouvions ou regrettions de ne pas pouvoir faire auparavant ? (par exemple le départ de nos enfants, nous dégage des plages de temps libre, un licenciement nous apporte le confort de ne plus devoir nous lever à des heures qui ne nous conviennent pas et d'être strictement à l'heure, de stresser dans les embouteillages...) Le créatif Nous pouvons aussi rechercher à retrouver le plus vite possible sérénité et équilibre et permettre ainsi à de nouvelles intuitions de se manifester, en entreprenant de nouvelles activités, rencontrant des personnes d'un autre milieu, ou des amis, en faisant des activités sportives, de la relaxation, des activités artistiques... à l'affût de quelque chose de neuf, qui permettrait de relancer une dynamique neuve. L'explorateur Souvent la phase précédente va relancer le désir de faire des projets et de réorienter sa vie de façon positive. Il peut être intéressant à ce stade, de faire la liste des ruptures et chocs de notre vie, et de voir les outils et stratégies que nous avons déployés pour en sortir, et sur quelles solutions nous avons débouchées, ainsi de quelles compétences et talents nous avons fait preuve. Le sage Tirer la leçon de l'épreuve vécue, des stratégies que nous avons employées pour y faire face, repérer quelles portes insoupçonnées nous avons été amenés à ouvrir. C'est à ce stade, que nous pouvons enfin pardonner les offenses graves, pardonner le mal qu'on nous a fait, celui que nous nous sommes fait : alors nous nous sentons libérés. Cela ne veut pas dire que nous ayons oublié, mais nous ne sommes plus handicapés par la souffrance. L'action de libération d'un authentique pardon, dissipe la peine, souvent de façon quasi miraculeuse. Ce miracle est lié à la façon dont nous avons franchi chacune des étapes précitées. Nous passons plus ou moins rapidement par toutes ces phases. Nous nous attardons sur certaines, parfois plus que de raison, parce que nous devons soigner la sub personnalité qui y préside. Plus une épreuve est lourde, plus il est important de nous aimer, de nous respecter, d'affirmer nos besoins et de nous conduire en "bons parents rassurants" : de ceux qui disent par la voix de Maman "mets bien ton écharpe autour du cou" et de la voix de Papa " vas-y, pédale, je tiens la selle"... et qui sait la lâcher discrètement le moment venu. DECIDER DECIDER que toutes les crises que nous rencontrons sont destinées à nous apprendre quelque chose est une façon dynamique et tonique de vivre. C'est vrai que certains fruits sont amers, et que nous souhaitons les recracher de toutes notre âme : quelle insoutenable tragédie pour celui que la mort terrorise, de voir mourir, plus de personnes que la moyenne de son entourage. Ou celle de la personne qui a des tonnes d'amour à donner et à recevoir, et qui ne rencontre que des gens qui se moquent d'elle. Les Chinois disent que "chaque fois qu'il y a trop quelque part, c'est qu'il n'y a pas assez ailleurs"... Les crises sont là, pour nous amener à combler le manque , à rééquilibrer nos énergies et développer une vie plus en adéquation avec ce que nous sommes profondément. Il est important, et c'est souvent la seule chose que nous puissions faire pour nous, de DECIDER de s'en sortir, même si nous passons par des périodes de souffrance, de désespoir et de révolte. TOUT DOIT POUVOIR NOUS SERVIR, et pour cela nous mettons le peu d'énergie qui nous reste disponible, dès que c'est possible, à trouver une solution. Nous rencontrons des crises, chaque fois que nous atteignons une limite d'incompétence, et c'est cette compétence qu'il nous faut développer pour continuer notre route. La notion d'incompétence étant large : nous pouvons être compétent dans notre métier, nous faire licencier injustement et découvrir, à cette occasion, contraints et forcés et après être passés par un certain marasme, une nouvelle vocation, qui nous permet de révéler des aptitudes inattendues qui enrichissent de façon impressionnante notre vie. Face aux accidents de l'existence, certains parleront de Karma, d'autres de réincarnations, d'autres de punitions méritées à cause de nos péchés... d'autres nous expliquerons que nous avons un gros travail à faire sur nous-mêmes (ce sont assez souvent ceux qui ne l'ont pas fait pour eux ! Ce qui rend la chose plutôt drôle!). Ce qui est clair, lorsque nous regardons la vie, c'est qu'elle est chaotique, que les accidents de parcours sont nombreux, que notre "faute" est loin d'être toujours prouvée et indiscutable, et que VIVRE c'est d'abord APPRENDRE A VIVRE, c'est-à-dire à continuer de vivre le mieux possible, à se redonner des chances, pendant et après les épreuves. Cela nous demande de redéfinir des objectifs de proche en proche. L'OEUVRE DE NOTRE VIE ressemble au tableau du peintre chinois, quelques rapides coups de pinceaux ébouriffants, PLUS toute une vie de petits pas, d'essais infructueux, de mini réussites, de leçon de choses et d'amour pour soi, les autres, et ce qu'on fait. accueil
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